LES PATRIMOINES FACTEURS DE DÉVELOPPEMENT DU TOURISME

Mardi 14 mars, la FNGIC a été conviée à assister à la remise du rapport de M. Martin Malvy, ancien ministre et président de l'association Sites et Cités remarquables de France, au ministre des affaires étrangères M. Jean-Marc Ayrault.

"Rapport Malvy: améliorer la fréquentation touristique de la France à partir de nos Patrimoines"

A l'origine de ce rapport la volonté du précédent ministre des affaires étrangères, M. Laurent Fabius, de mettre en place différentes actions et stratégies pour que la France garde sa place de première destination touristique au monde. Partant du constat que le tourisme est une activité éminemment culturelle (au sens large du terme) et que la France dispose sur tout son territoire de patrimoines (au pluriel) divers et attractifs, et qu'ils "jouent un rôle déterminant dans le domaine du tourisme ", l'objectif de ce rapport est de savoir comment améliorer la fréquentation touristique en France en prenant appui sur ces patrimoines et sur tous les acteurs qui lui sont associés.

Plus de 250 acteurs du tourisme et de la culture ont été auditionnés. Une synthèse des constats et un certain nombre de recommandations (54) figurent dans ce rapport.

C'est dans ce contexte que la FNGIC, au même titre que d'autres associations professionnelles, a été entendue le 8 septembre dernier.

Sur la question des guides-conférenciers, deux passages intéressants dans ce rapport :

Page 58 - l'accès au métier de guide-conférencier.

Le constat que font certaines villes et communes , sans doute proches du réseau des Villes et Pays d'art et d'histoire, sur la "dégradation des compétences" des guides-conférenciers , le "vieillissement des prestataires de qualité", surtout dans les zones moins attractives et la disparition des formations continues jadis organisées et soutenues par le Ministère de la Culture et le réseau des professionnels des VPAH , serait intéressant à analyser.

Pourquoi le dispositif actuel de formation est-il moins efficace que les dispositifs précédents? - Est ce lié aux dispositifs de formation actuelle - essentiellement universitaires ? Ou bien les candidats au métier de guide-conférencier ont-ils aujourd'hui un profil différent de celui d 'avant ? En quoi les universités formant des guides-conférenciers ne répondent elles pas aux attentes de ces territoires en matière de médiation -

Les professionnels, de manière générale, n'ont pas la main sur les formations de guide-conférencier et ne peuvent que constater le décalage qui existe parfois entre les formations effectivement dispensées et la pratique du terrain.

Par ailleurs, il n'y a encore pas si longtemps, la carte professionnelle était délivrée à des personnes n'ayant suivi aucune formation spécifique de guide-conférencier, au grand dam des professionnels. La carte ne donnant aucune indication précise sur le parcours de son titulaire, tout "commanditaire" avisé s'intéressera plus précisément à ce dernier.

La FNGIC a demandé à plusieurs reprises au gouvernement la mise en place d'un observatoire de la profession dont elle souhaiterait être partie prenante. Une des missions de cet observatoire de mener des études sur la formation des guides-conférenciers.

Quant aux raisons de la disparition des guides-conférenciers dans les zones moins attractives, elles mériteraient elle aussi d'être étudiées . Les nouvelles générations envisageraient elles la profession sous un angle plus professionnel, c’est-à-dire d'abord comme une activité à plein temps et un véritable moyen de subsistance et moins comme une activité secondaire à une autre activité ( cas fréquent dans les zones peu touristiques)..? Est-ce la conséquence de leurs cursus de formation ?

L'équation entre la question des formations et de la professionnalisation et celle du maillage territorial par des professionnels compétents reste complexe.

 

Page 114 - Suggestion 26 : Structurer l'offre de médiation dans sa double composante touristique et culturelle / mettre en place un registre des guides-conférenciers.

La suggestion 26 propose la mise en place d'un registre des guides-conférenciers "recensant les compétences en langues, histoire de l'art et environnement/patrimoine naturel ".

LA FNGIC approuve et soutient cette recommandation.

En effet, à l'heure où des offres de visites effectuées bien souvent par tout un chacun ( amateurs "passionnés" "guides d'un jour" et autres non professionnels) se (dé)multiplient par le biais de plateformes en ligne, il est essentiel de disposer d'un outil - géré par un structure non commerciale - permettant d'identifier les professionnels, de les recenser en fonction de leurs compétences et/ ou de leur lieu d'exercice.

Notons que le registre dont il est question ici est éloigné de celui du projet qui a suscité l'ire des guides-conférenciers à l'automne 2014, au moment où le ministère chargé du tourisme envisageait la suppression de la carte professionnelle de guide-conférencier. L'objectif cette fois-ci est bien de recenser les professionnels "en vue de la construction d 'une offre touristique et culturelle certifiée et de qualité " .

Cet outil pourrait donc s'avérer essentiel au moment de la recherche d'un guide compétent mais aussi pour la connaissance et l'évolution de la profession.