LETTRE OUVERTE EN RÉPONSE À UN ARTICLE DU PARISIEN

Au château de Versailles, l'on partage ses connaissances en connaissance de cause.....

Réponse adressée au Journal Le Parisien suite à la parution de l'article intitulé " Versailles : au château, prière de ne pas partager vos connaissances" le 30 octobre 2017.

 Les réactions ou billets d’humeur postés sur Twitter n’ont pas -du moins pas toujours - valeur d’information, surtout lorsqu’ils sont relayés dans des articles de presse du style de celui paru le 30 octobre dans Le Parisien « Versailles : au château, prière de ne pas partager vos connaissances ».

Regrettable raccourci ! Le seul titre tend à caricaturer le règlement d’une institution et la tâche de ceux chargés de le faire respecter, un agent de surveillance du château en l’occurrence, et non « garde », dénomination inadéquate que n’hésite cependant pas à employer Marie Noëlle Grison dans son tweet, une « historienne d’art qui connaît (pourtant) les règles », dont la mésaventure est relatée dans l’article.

Plus ennuyeuse encore, l’expression de « chasse gardée » employée un peu plus loin par l’auteur de l’article, visant, entre autres, l’activité des guides conférenciers. Elle tombe plutôt mal pour une profession devant toujours se battre contre la concurrence déloyale exercée dans les monuments et musées par des guides non qualifiés, sans statut professionnel, et qui, eux aussi, prétendent souvent guider famille ou amis. L’expression véhicule surtout une image totalement fausse du guide conférencier, qui serait ainsi accroché à on ne sait quelles prérogatives corporatistes. L’idée de « chasse gardée » escamote en effet toutes les difficultés que peuvent rencontrer les organismes ou agences de voyages employant des guides conférenciers (ou les guides conférenciers eux-mêmes) à obtenir des réservations aux créneaux horaires souhaités, permettant justement la délivrance d’une autorisation de prise de parole. Tout ceci a très souvent un coût, répercuté sur le prix de la prestation délivrée aux clients, coût doublé d’un contrôle strict à l’entrée mais devant néanmoins garantir une certaine qualité de la prestation, puisque les réservations ne sont délivrées qu’à des professionnels qualifiés. Le règlement est complexe, il varie d’une institution à une autre, il y a des musées où il est possible de faire des commentaires en petits groupes.

Aussi, le  « nul ne peut commenter les œuvres comme bon lui semble. Surtout quand on sait de quoi on parle » est non seulement inexact mais désobligeant à l’égard de guides conférenciers, qui comptent également des historiens d’art dans leurs rangs, titulaires de Masters voire de doctorats. Si certains extraits du règlement de Versailles sont rappelés dans l’article du Parisien, il serait souhaitable d’éviter les petites phrases toutes faites qui ne font qu’entretenir toutes sortes de clichés malheureux dans l'esprit du public, pour, au final, dégrader l’image de toute une profession en rabaissant insidieusement celles et ceux qui l’exercent.